La menthe

La menthe

La menthe en parfumerie

Un frisson végétal entre éclat vert et piquant polaire

La menthe ne se contente pas de livrer un effet olfactif familier : elle stimule les récepteurs du froid, déclenchant une sensation presque physique, comme un courant d’air sur la peau ou un soupir glacé dans le nez. Cet effet trigéminal active les terminaisons nerveuses responsables des sensations de froid, de picotement ou de brûlure. Ce frisson mentholé, aussi direct qu’envahissant, confère à la menthe une puissance sensorielle immédiate, qui en fait une matière à manier avec précision.

Fraîche et pénétrante, la menthe mêle le vert d’une feuille froissée, le piquant presque métallique du menthol, la clarté camphrée de l’eucalyptus et une douceur herbacée qui rappelle les tiges encore humides. Selon la variété et la concentration, elle peut paraître cristalline, médicinale ou sucrée, évoquant tour à tour un bouquet aromatique, un vent de montagne ou une confiserie givrée.

 

Menthe poivrée
Menthe poivrée
Menthe verte
Menthe verte
Menthe des champs
Menthe des champs

Trois menthes, trois caractères

Proches botaniquement, mais distinctes à l’œil comme au nez : la menthe verte (Mentha spicata), aux feuilles claires, longues et peu nervurées, offre une senteur douce, presque anisée ; la menthe poivrée (Mentha × piperita), plus sombre et nervurée, libère un parfum intensément mentholé, aux accents camphrés et médicinaux ; et la menthe des champs (Mentha arvensis), très riche en menthol, développe une fraîcheur plus brute et directe, souvent utilisée en extraction industrielle.

En parfumerie, on utilise principalement l’huile essentielle de Mentha arvensis ou de Mentha piperita, obtenue par distillation des feuilles, fraîches ou légèrement séchées. Ces variétés sont cultivées en Inde, en Chine ou aux États‑Unis. Leur composition varie selon la provenance, mais contient typiquement du menthol, de la menthone et du néomenthol.

Ces composants lui confèrent une fraîcheur vive mais très volatile. La menthe s’envole vite, emportant avec elle l’élan initial du parfum. Pour cette raison, elle est souvent soutenue ou relayée par des matières de structure, ou remplacée par des molécules plus stables capables d’en évoquer les facettes.

Polyvalente et expressive, la menthe s’invite dans des familles de compositions variées : elle dynamise les agrumes dans les hespéridés, insuffle une fraîcheur mordante aux fougères modernes, électrise les boisés aromatiques par sa tension cristalline, et crée un contraste saisissant dans les gourmands, en apportant une touche givrée sur des accords suaves ou fondants.

Une palette évocatrice au-delà de la feuille

Impossible de sentir la menthe sans déclencher une avalanche d’évocations 

• la feuille froissée entre les doigts,

• la tisane de fin de repas,

• le thé à la menthe servi brûlant, débordant de feuilles,

• et bien sûr les bonbons, les chewing-gums et les dentifrices !

Ses nuances aromatiques se devinent aussi dans d’autres matières : l’eucalyptol des eucalyptus et du romarin, le bornéol du camphrier, ou certaines notes sèches de bois et de mousses. Autant de chemins olfactifs qui prolongent la sensation mentholée, la colorent de reflets boisés, camphrés ou végétaux.

 Les composés de la menthe

L’huile essentielle de menthe poivrée (comme celle de Mentha piperita) ou de menthe arvensis est principalement composée de menthol, responsable de la fraîcheur glacée bien connue, mais aussi de menthone, plus sèche, plus herbacée, presque médicinale, et de néomenthol, plus doux et moins piquant. D’autres molécules comme la carvone dominent dans la menthe verte (Mentha spicata), avec un profil plus rond et anisé, typique des chewing-gums « chlorophylle ».

À côté de ces composés principaux, d’autres molécules comme le l-carvyl acetate, l’eucalyptol (ou 1,8‑cinéole) et le bornéol sont également présentes dans de nombreuses matières premières naturelles : menthe verte, eucalyptus, romarin, laurier ou encore camphrier. Utilisées isolées ou reproduites en parfumerie, elles permettent de recréer ou détourner l’effet mentholé, en le modulant vers des nuances plus boisées, camphrées ou sucrées. Ces facettes évoquent souvent des souvenirs familiers : un thé à la menthe, une pastille rafraîchissante, voire un dentifrice, tout en gardant une fraîcheur maîtrisée pour ne pas heurter ou geler pas le nez.

Menthol cristallisé

Dans notre collection, cette matière y tient une place à part, puisqu'une création lui est pleinement dédiée :

Minty Mint lui rend hommage pleinement. Ce projet sur mesure devenu l’un des tout premiers parfums de la collection raconte les souvenirs de menthe fraîchement cueillie à l'occasion d'un promenade romantique, dans un jardin botanique, un après-midi d'été.

Lemon Delight lui aussi issu d’un projet sur mesure, évoque la gourmandise italienne au citron Delizia al Limone, avec sa touche de limoncello et une pointe de menthe qui apporte un éclat glacé, comme un zeste givré sur un dessert d’été au bord de la côte Amalfitaine.

Retour au cahier

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.